
Pendant une quinzaine de jours jusqu’au 5 juillet 2026, les Serres d’Auteuil accueillent l’exposition « Arbres de Vie », du photographe Nicolas Henry. Réalisée au Tchad et au Sénégal avec le soutien de By Art, Nexira et SOS SAHEL. L’exposition invite le public à découvrir des arbres essentiels aux hommes, aux animaux, aux sols et aux écosystèmes.
Présentée le 17 juin dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, l’exposition propose un autre regard sur le Sahel. Loin d’une région en crise, elle donne à voir le potentiel que les zones sèches africaines recèlent. L’exposition montre les arbres, les plantes, les paysages, et les communautés qui font vivre les territoires malgré des conditions climatiques exigeantes.
Avec « Arbres de Vie », les arbres sahéliens deviennent les personnages principaux d’un récit où se croisent biodiversité, culture, alimentation, économie locale et restauration des terres.
Des arbres au cœur de la vie quotidienne
Dans les territoires sahéliens, la biodiversité se retrouve dans les usages des feuilles, des fruits, des écorces, des gommes, des graines, des racines. Elle se transmet dans les familles, dans les villages, dans les pratiques agricoles, dans les récits et dans les savoirs portés par celles et ceux qui vivent avec ces ressources.
Derrière chaque arbre, il y a des savoirs, des gestes, une source de revenus, des liens entre générations, des usages médicinaux ou alimentaires, des pratiques de protection des sols et des réponses concrètes aux effets du changement climatique.
L’exposition permet ainsi d’ouvrir une fenêtre sur une réalité très concrète : les arbres sahéliens sont à la fois des ressources naturelles, des repères culturels, des soutiens économiques et des alliés pour restaurer les terres.

Une exposition en lien avec des initiatives locales sur la biodiversité et les territoires.
L’exposition rejoint les initiatives menées par A Better Life par SOS SAHEL au Sénégal et au Tchad avec la participation de la Fondation JRS pour la biodiversité.
À Dialacoto, au Sénégal oriental, près du Parc national du Niokolo-Koba, des habitants, agriculteurs, enseignants, éco-guides, jeunes en formation et chercheurs participent à une démarche de science citoyenne. Formés à l’identification des espèces et à l’utilisation de la plateforme iNaturalist, ils recensent les plantes de leur territoire, documentent leurs usages et contribuent à une meilleure connaissance de la biodiversité locale. Des connaissances qui serviront à l’ensemble des acteurs du territoire.
En mai 2026, les premiers résultats de ce suivi participatif ont été partagés avec des élus de six communes autour de l’écosystème du parc Niokolo-Koba. Ces échanges ont permis de relier biodiversité, changement climatique, sécurité alimentaire, patrimoine culturel et développement local. Ils ont aussi souligné le rôle des collectivités dans la préservation des ressources naturelles et l’aménagement durable des territoires.
Au Tchad, dans la province du Guéra, des communautés du département d’Abtouyour participent également à la cartographie de leur biodiversité. Vingt-deux observateurs actifs ont déjà collecté plus de 3 300 observations et documenté 105 espèces végétales utiles. Parmi les espèces les plus recensées figurent le dattier du désert, le jujubier, le tamarinier et l’acacia Sénégal, qui produit la gomme d’acacia.
Ces arbres apportent des bénéfices directs aux communautés : alimentation, médecine traditionnelle, fertilité des sols, revenus complémentaires, agroforesterie et soutien aux ménages. Ils montrent combien la connaissance du vivant peut contribuer à protéger les ressources, orienter les choix locaux et renforcer les économies des territoires.



L’acacia, un arbre emblématique des filières sahéliennes
Parmi les « Arbres de Vie » présenté par l’exposition, l’acacia occupe une place particulière. Cet arbre produit la gomme d’acacia, une ressource naturelle présente dans de nombreux produits du quotidien partout dans le monde : alimentation, boissons, cosmétiques, santé. Cette gomme relie directement les communautés rurales d’Afrique aux marchés internationaux.
L’acacia est bien plus qu’une ressource économique. C’est un arbre précieux pour les écosystèmes. Particulièrement adapté aux zones sèches, il développe un réseau racinaire dense et profond. Il contribue à préserver la fertilité des sols, à limiter l’érosion, à favoriser l’infiltration de l’eau et à reconstituer le couvert végétal.
Depuis plus de dix ans, SOS SAHEL et Nexira, leader mondial de la gomme d’acacia, travaillent aux côtés des communautés productrices au Tchad. Cette coopération montre comment une filière sahélienne peut créer de la valeur économique, restaurer la fertilité des terres et renforcer l’organisation des producteurs.
Plus de 2 millions d’arbres ont été plantés sur 10 000 hectares, 180 000 hectares de forêts ont été protégés, la production est passée de 1 500 à 2 600 tonnes, et 29 000 producteurs sont aujourd’hui organisés en 128 groupements et unions, dont 20 000 femmes. La place des femmes dans les organisations de producteurs a également fortement progressé, passant de 0 à 30 %.

Les arbres sahéliens et la Grande Muraille Verte
Les arbres présentés dans l’exposition s’inscrivent dans la Grande Muraille Verte, lancée par l’Union africaine en 2007. Pensée au départ comme une réponse à la désertification, l’initiative majeure pour le continent africain porte aujourd’hui une ambition plus large : restaurer les terres, régénérer les écosystèmes, développer des activités économiques durables et faire des zones sèches d’Afrique des territoires d’innovation, de production et d’avenir.
Dans cette perspective, les arbres sahéliens jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et la transformation des territoires. Ils protègent les sols, soutiennent les pratiques agroforestières, nourrissent les familles, créent des revenus et rappellent combien les ressources naturelles locales peuvent être au cœur des solutions face à la désertification.
En reliant photographie, biodiversité, savoirs locaux et restauration des terres, « Arbres de Vie » rappelle que les réponses sahéliennes prennent racine dans les territoires eux-mêmes. Elles naissent des arbres, des plantes, des communautés qui les connaissent et des acteurs qui s’unissent pour les préserver, les valoriser et les transmettre.

Exposition « Arbres de vie »
Photographies de Nicolas Henry
Présentée aux Serres d’Auteuil dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse.
Avec A Better Life par SOS SAHEL, la Ville de Paris, les Jardins botaniques de Paris et Néxira.
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