Sauvegardons les perles du désert au Tchad

Les lacs d'Ounianga Tchad

Terre de vie en plein désert, un patrimoine extraordinaire

En plein cœur du Sahara, au Nord-Ouest du Tchad, les provinces du Borkou, du Tibesti et de l’Ennedi Ouest possèdent un patrimoine culturel et une riche biodiversité, encore peu connus et mal protégés. Elles couvrent la moitié du territoire tchadien, soit 498.000 km² (près de 90% de la France) et abritent 2,5% de la population du pays.

La population, estimée à 286.900 habitants, vit essentiellement de la culture des palmiers dans les oasis et d’élevage nomade sur la plus grande partie du territoire. Cependant, l’aridité extrême de la région, la faible présence de structure administratives et de services sociaux de base, engendrent des problèmes de gestion de l’environnement et de maintien de sa population.

C’est dans ce contexte que nous soutenons les initiatives des associations de développement local afin de sauvegarder ce patrimoine naturel et culturel unique, et limiter l’exode des populations, en permettant aux habitants de cette région de vivre de leur terre dans de meilleures conditions.

Aux côtés des communautés pour protéger les lacs d’Ounianga

Véritables perles de l’Ennedi, les lacs d’Ounianga sont un archipel de lacs au milieu d’un vaste territoire aride. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le site est aujourd’hui menacé par la désertification. Avec des précipitations inférieures à 2 mm/an, c’est un environnement particulièrement hostile dans lequel vivent 10.000 personnes.

Menacé par l’avancée du désert, les habitants s’organisent en associations pour protéger ces sites naturels dont ils tirent leurs moyens d’existence. Leurs activités économiques telles que l’agriculture, l’élevage, le commerce, se concentrent autour de ces lacs et oasis.

« Lorsque j’arrive aux lacs d’Ounianga, je suis saisi par l’hyperaridité du paysage et par la force de ses habitants. La gestion des lacs et des oasis repose essentiellement sur les associations locales. Or elles ne sont pas suffisamment armées pour assurer cette mission essentielle à la vie dans la région. Leurs membres ont besoin de meilleures connaissances en gestion des ressources naturelles comme l’eau et les palmiers dattiers.»

N’Dotar Madjitoloum Mouga – chef de projet au Tchad

Comment gérer durablement les lacs et les oasis ?

L’une des préoccupations majeures est l’ensablement des lacs et des oasis, qui conditionne l’accès à l’eau des familles et la superficie des terre cultivables. Pour lutter, on peut avoir recours à la fixation des dunes. C’est une action de long terme contre la désertification qui comprend plusieurs phases permettant de bloquer la progression du sable, protégeant les palmeraies autour des oasis et lacs.

Fixation des dunes par la technique de plantation de palmeraies.
Fixation des dunes par la technique de plantation de palmeraies.

Il s’agit dans un premier temps de freiner le mouvement du sable en érigeant des palissades de 1 à 1,5m de hauteur, afin de provoquer à leur niveau une accumulation de sable qui deviendra une dune artificielle. Ensuite, il faut pérenniser l’action avec des rangées de plantes. Cette barrière naturelle vivante protège de l’ensablement, de l’érosion par le vent et favorise l’infiltration de l’eau.

Les habitants d’Ounianga s’organisent en associations pour protéger les lacs

« Avec APIDEL, une ONG tchadienne, nous avons construit des cycles de formation adaptée aux acteurs du terrain s’appuyant sur leurs savoir-faire. Nous avons expliqué tout l’enjeu et la technique de fixation des dunes pour stopper l’avancée du sable. Une fois la formation participative terminée, nous sommes rapidement passés à la pratique. Pour que l’activité se pérennise, la réalisation des fixations des dunes permettra de former d’autres associations locales. »

Depuis 2020, nous avons pu réaliser 15.000 mètres linéaires de palissades et 3.000 boutures de tamarix (arbustes) ont été repiquées ce qui a stabilisé 60 hectares de terre.  La mise en place de cette activité a créé des emplois, elle a également permis d’agrandir les superficies de maraîchage ce qui a augmenté les revenus des familles.

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